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 Amnesty International : Crimes de guerre au Yemen

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Lysiane
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Messages : 9188
Date d'inscription : 22/09/2011

MessageSujet: Amnesty International : Crimes de guerre au Yemen   Mar 20 Oct - 10:24

Citation :


07/10/2015
 
 

Des crimes de guerre ont été commis par la coalition menée par l’Arabie saoudite, armée entre autre par les Etats-Unis. Une enquête indépendante doit être ouverte.
Notre nouveau rapport ‘Bombs fall from the sky day and night’: Civilians under fire in northern Yemen se penche sur 13 frappes aériennes meurtrières imputables à la coalition, à Saada, dans le nord-est du Yémen, qui ont fait une centaine de morts parmi les civils, dont 59 enfants. Il livre également des éléments sur l'utilisation de bombes à sous-munitions, interdites par les règlements internationaux.
Nos recherches mettent en lumière la nécessité d'ouvrir une enquête indépendante sur les violations des droits humains et de suspendre les transferts de certains armements.
 

DES ARMES LIVRÉES À LA COALITION 

 
Le rapport dévoile de nouveaux éléments qui attestent de frappes aériennes illégales menées par la coalition que dirige l'Arabie saoudite, dont certaines constituent des crimes de guerre. Il expose de manière détaillée la nécessité d'empêcher que des armes ne servent à commettre de graves violations de ce type. 
Les États-Unis et les États qui exportent des armes à l'une des parties au conflit au Yémen sont tenus de veiller à ce que les transferts qu'ils autorisent ne facilitent pas de graves violations du droit international humanitaire. 
Il faut notamment suspendre le transfert de bombes de la série Mark (MK) 80 et d'autres bombes d'emploi général, d’avions de chasse, d’hélicoptères de combat et de pièces et composants associés.
 

 

LES CIVILS PRIS POUR CIBLES : UNE VIOLATION DU DROIT INTERNATIONAL

 

Ce sont les frappes aériennes de la coalition qui ont causé le plus grand nombre de victimes parmi la population civile durant le conflit au Yémen. La ville de Saada a été la plus touchée par ces frappes. 
Le rapport dénonce le mépris flagrant pour la vie des civils dont fait preuve la coalition militaire conduite par l'Arabie saoudite, qui a désigné comme cibles militaires, en violation du droit international, les villes de Saada et de Marran, où vivent des dizaines de milliers de civils. 
Dans au moins quatre frappes aériennes sur lesquelles nous avons enquêté, les maisons ont été touchées à plusieurs reprises, ce qui indique qu'elles ont été délibérément prises pour cibles alors qu'aucun élément ne prouvait qu'elles étaient utilisées à des fins militaires. 
Le fait que de larges zones à forte densité de population soient désignées comme cibles militaires et que des habitations civiles soient ciblées de manière répétée montre que les forces de la coalition ne prennent pas les précautions nécessaires pour épargner les civils, comme l'exige le droit international humanitaire. 
 
Le 13 juin, dans une maison d'al Safra, dans la vallée de Dammaj, huit enfants et deux femmes de la même famille ont été tués par une frappe de la coalition. Sept autres membres de la famille ont été blessés. 
 

Lorsque la frappe a commencé, 19 personnes se trouvaient à l'intérieur de la maison. Toutes des femmes et des enfants – sauf un homme. Les enfants, qui sont généralement dehors pendant la journée, se trouvaient à l'intérieur pour le déjeuner. Ils ont tous été blessés ou tués. Parmi eux, un bébé de 12 jours »

Abdullah Ahmed Yahya al Sailami, dont le fils âgé d'un an a également péri. 
 
Un autre proche qui a participé aux secours a déclaré que le cadavre d'un bébé d'un an avait été retrouvé dans les décombres, sa tétine encore dans la bouche. Nos chercheurs n'ont retrouvé que des objets domestiques – jouets, livres et ustensiles de cuisine – parmi les gravats. Aucune trace d'armes ni d'équipements militaires, ni aucun élément suggérant que la maison était une cible militaire légitime.  
D'autres attaques ont frappé des véhicules transportant des civils qui fuyaient le conflit, des denrées alimentaires, des approvisionnements humanitaires et des animaux. Notre rapport examine également plusieurs attaques ciblant des boutiques, des marchés et d'autres lieux commerciaux. 
La population civile de Saada, qui vit dans la peur des frappes aériennes, doit aussi faire face à une crise humanitaire majeure, caractérisée par une coupure générale d'électricité dans la ville, l'effondrement du système de santé dans les régions reculées et une grave pénurie de médecins. 
 

 
Nos chercheurs ont retrouvé les restes de deux types de bombes à sous-munitions, les sous-munitions BLU-97 et leurs disperseurs (CBU-97), et les CBU-105, armes sophistiquées amorcées par capteur. 
Mohammed Hamood al Wabash, 13 ans, a marché sur une minibombe qui n'avait pas explosé et souffre de multiples fractures au pied gauche. Les membres de la coalition doivent cesser immédiatement d'utiliser des armes à sous-munitions et demande à tous les États de stopper les transferts de telles armes. 
 

LES NATIONS UNIES N'OUVRENT TOUJOURS PAS D'ENQUÊTE INTERNATIONALE

 
La semaine dernière, les initiatives du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève visant à ouvrir une enquête indépendante et internationale sur le conflit ont tourné court et une résolution a été adoptée qui appuie la création d'un comité national d'enquête.
L'indifférence du monde face à la souffrance des civils yéménites dans ce conflit est choquante. Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU n’a pas ouvert d’enquête internationale sur les violations commises par tous les belligérants et la communauté internationale se montre incapable de lutter contre l'impunité totale dont jouissent les auteurs de graves violations au Yémen. 
 

L'absence d'obligation de rendre des comptes contribue à aggraver la crise. Tant que les responsables pensent pouvoir échapper à la justice, les civils continueront d'en subir les conséquences. »

Donatella Rovera
Conseillère principale à Amnesty International pour les situations de crise, qui a conduit une mission d'établissement des faits au Yémen.

 
Une enquête internationale pourrait être mise sur pied via l'adoption d'une résolution par l'Assemblée générale ou le Conseil de sécurité de l'ONU, ou par le secrétaire général ou le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme agissant de leur propre initiative.

> LIRE / TÉLÉCHARGER NOTRE RAPPORT

 
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